Pas de suspense ! Il s’agit d’une pièce de théâtre que je suis allé voir hier en compagnie de deux amis à la salle El Mouggar d’Alger.
C’était la générale de la pièce, autrement dit, la première représentation ; il nous fallait une invitation…Et comme nous n’en avions pas, nous sommes comme d’habitude partis tenter notre chance ! Et... On a tout de même réussi à rentrer ;-)
« Le Fou Sage » (El Mahboul El Âaqel) est une comédie sociale écrite par le talentueux Badis Foudala et réalisée par la comédienne, non moins talentueuse, Linda Sellam.
Noureddine (Badis Foudala), jeune intellectuel et auteur en mal d’inspiration essaye d’emmener sa femme dans les dédales de son univers artistique au gré de l’inspiration qui va et vient, va plus qu’elle ne vient ! Il est conscient que l’artiste chez nous est confronté à la censure et à la frustration. Il est face à l’irresponsabilité et au manque de vision de certains responsables censés promouvoir et encourager la culture, mais il ne baisse pas les bras et veut faire bouger les mentalités et les idées. Son épouse, Khadidja, qui ne comprend pas trop la passion de son mari pour l’écriture de sa pièce de théâtre, le traite de fou… Bien qu’elle ait fait des études de journalisme. Elle se soucie plus de se sentir femme et mère, jalouse même la pièce, la considérant comme sa rivale dans leur vie conjugale. Elle reproche à son mari son absence et son délaissement. Le couple accueille pour quelques jours la sœur de Khadidja, une femme raisonnable qui se retrouve coincée entre les conflits incessants des époux. Femme à la page qui ne se laisse pas faire et qui défend et la culture et le droit des femmes, elle est un peu l’arbitre du match qui opposera nos deux protagonistes. « Les comédiens se donnent la réplique et donnent le ton à un chapelet d’interdits : la paix, l’amour, la solidarité, la condition de la femme, le statut de l’artiste et enfin, la crise identitaire dans laquelle se débattent les algériens ». (Dépliant de la pièce) Où commence la folie et où finit la sagesse ? Voilà une interrogation qui accompagnera l’histoire du début à la fin. Chacun des trois personnages y allant de son opinion et de ses arguments. Mes amis et moi avions un peu de mal à accrocher au début, personnellement ça m’a paru un peu brouillon, c’est pas inquiétant : les phrases nous arrivaient en quantité et il nous fallait du temps pour nous installer nous-mêmes dans le fleuve des idées. Mais très vite, on embarque avec nos personnages et on est complètement pris dans cette tempête d’opinions contradictoires. Des métaphores à en redemander, de l’humour à en revendre, des situations et des expressions bien de chez nous, tout ça avec un jeu d’acteurs exquis ! Un régal !! Les pièces de théâtre sont un miroir de la société, elles nous permettent de plonger ou replonger la tête la première dans nous-mêmes, dans notre quotidien, bref, dans notre vie. Cette pièce ne déroge pas à la règle, cela dit, elle a un plus ! Le plus qui fait qu’elle vous marque. Non seulement, elle vous prend au cou par un flot d’émotions qui se bousculent mais elle vous fait gamberger !! C’est une situation bizarre mais tellement grisante que de suivre une pièce, se laisser submerger par l’émotion et en même temps se poser des questions soulevées par les personnages, des questions directement liées à la pièce et d’autres directement liées à…vous-mêmes ! La pièce évoque cette « folie » qui caractérise les artistes, entre autres ; cette folie positive, mal perçue par les gens, qui n’est en fait que la preuve que ces derniers sont plus conscients du monde qui les entoure et de leur société ; cette folie qui les fait rebelles et qui les pousse à vouloir changer les choses et à repousser les limites de l’impossible. Mais la société, lourde de ses préjugés et de ses traditions, fait barrage au nouveau et au renouveau ! Une des phrases clés que nous avons retenues de la pièce disait : « Si chacun de nous était animé d’un peu de cette folie, tous ensemble ferions que l’impossible soit plus accessible ». Je vous conseille vivement « Le Fou Sage » et je vous invite à aller la voir. Pour les personnes habitant Alger, la pièce passe aujourd’hui 26 avril à 19h00 à la salle El Mouggar. Une autre représentation est prévue pour demain vendredi 27 avril à 16h00 au même endroit. Ne la manquez pas ! P.S : Tarik ! Bouge toi ! lol
Commentaires
Une question, mon ami. Tu n'aurais pas fait Hollywood, il y a cinq ans de celà? Je connaissais un Firenze là-bas. Je plaisante.
Très bien écrit. Yaâtik essaha. Chapeau.
Bien à toi.
La créativité chez nous est doublement étouffée D'une part il y a un réflexe d'autocensure hérité d'une époque très récente et d'autre part il y a une censure ,conjoncturelle on va dire, exerçée par le pouvoir policier. Et c'est pas tout.
Les tabous, l'omniprésence du sacré er du religieux suffisent à freiner les esprits les plus libres. Du moment qu'on ne peut pas laisser libre cours à ses pensées, on ne peut être que médiocre . Les garde-fous officiels finissent par donner le coup de grâce à la culture en général lorsqu'ils essayent de la domestiquer.
PS: cher ami j'ai toujours ce problème de navigation dans la blogosphère. Désolé de ne pas pouvoir participer plus que ça.
A bientôt l'ami.
je suis une littéraire, j'aime le théâtre...mais c'est vrai que le théatre algérien je ne connais pas du tout! Puisque tu nous le conseilles, j'ai plus qu'à me débrouiller pour être en algérie demain, pour ce soir ça risque d'etre un peu juste!lol et puis ça me permettra de visiter le pays dans la foulée!:-)
où commence la folie où s'arrête la sagesse? hmmmm non! aprés une journée de boulot je ne peux pas philosopher, je réfléchirai à ça plus tard!
ton blog est trés varié, j'apprends beaucoup en te lisant, merci de nous faire part de tes coups de coeurs!
C'est bon j'ai bougé, je me suis mis sur le coté gauche :-), écoute je pense que tu as assez bien vendu la pièce, je sais pas si foudala est un cousin à toi lol. Je crois pas que j'irai la voir car aucun pote ne viendrait avec moi lol. en revanche un bon cinoche ca me tente alors je compte sur toi pour me mettre au parfum s'il y a quoi que ce soit.
Soyons fous et sages lol
Apparemment la folie est devenue à la mode ! la mode à 100% !
Moi qui tiens à être dans l'air du temps ( la preuve, le bleu roi c'est la grande mode !) je ne tiens pas à être victime de celle-ci !
Etre artiste n'est point être fou, c'est être sensible à leur folie, à savoir celle des grandeurs.
Allez firenze. la bise.
J'aime bien cette problématique qui consiste à savoir quelles sont les limites de la folie et de la sagesse. Un fou c'est tt simplement un incomprisà mon avis!
Sinon belle description (comme d'hab)!
A bientôt
J'avoue que j'avais une vision assez arrêtée du théâtre algérien, et ton article m'a fait changer d'avis.
D'ailleurs, je serais bien curiseuse de voir cette pièce , que tu as en plus si joliment décrite....Mais je crois ke chui un peu en retrad ...lol
mais bon , j'espère qu'il y en aura d'autres, et je compte sur toi pour nous en tenir au courant.
J'ai bien aimé l'article, au plaisir de te relire!!
Saha Mkidech, justement, mon ami "Lekra3.com" a fait connaissance avec ton blog après avoir fait un passage chez le mien, il a bcp aimé ton style et m'a reproché le fait que je ne lui ai pas parlé de toi auparavant...Justement, la bouteille a déjà commencé à travailler dasn ce sens en collaboration avec Lekra3.com. Firenze: tu devrais t'y mettre aussi pour m'accompagner ;)
Pour la pièce: Un sage peut faire le fou, mais pas le contraire... Pour la centralisation, y a pas photo, c'est Alger après tout qui est capitale de la connerie arabe...
J'ai passé un très bon moment aussi, ... je pédalais dans la choucroute au début "comme tout le monde" parce que je ne voyais pas l'aboutissement de la pièce, .. et puis y'a eu cette fameuse phrase clef ;-) ...
NB: d'après "Silvie Silvette, la petite crèpe à lunettes" l'explication que j'avais donné la dernière fois était fausse, car elle est revenue voir la pièce avec le "groupe!" et avec "le groupe" elle l'a bien comprise. Alors mon vieux Firenze, doit on changer de pièce?
comme l'a dit notre ami M'kidech, Je te vois bien chroniqueur.
Bon courage
Eh ben !!! Je ne savais pas que ISMA avait la mémoire qui flanche !! ou alors elle raconte une version différente à chaque personne lol
A ma connaissance, Melle ISMA avait bien aimé la pièce ! lol
A+


D’après ta description la pièce vaut le déplacement, mais dommage que ça ne soit juste un bon plan pour les algérois, je ne suis pas très loin maisL. Mais merci nous avoir fait partager ça. A bientôt